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La vie d'un jeune prêtre...

 
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Grégory
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Inscrit le: 03 Juin 2010
Messages: 5

MessagePosté le: Jeu Juin 03, 2010 2:37 pm    Sujet du message: La vie d'un jeune prêtre... Répondre en citant

Bonjour à tous,

Je suis tombé sur ce forum un peu par hasard et je me suis dit que peut-être, ce ne serait pas une si mauvaise idée de faire lire les deux premières pages du roman que j'écris. En même temps, j'ai un peu honte parce que je ne connais pas du tout ( mais alors, vraiment pas du tout Embarassed ) Henri Loevenbruck mais peut-être, est-ce l'occasion ou jamais ???? Very Happy

L'histoire que j'écris est très sombre et compliquée. Mais pour faire très simple et pour vous donner une idée générale, cette histoire parle de la vie d'un jeune prêtre soumis à sa propre nature destructrice et aux forces destructrices du monde qui l'entoure . Cette histoire est en quelque sorte "intemporelle", "mystique" ou "surréaliste", j'emploie volontairement des phrases courtes afin de mettre en avant la psychologie du personnage.


Merci infiniment de prendre le temps de lire ces deux premières pages de mon premier chapitre et de me donner vos impressions, critiques ou tout ce que vous voulez... Very Happy L


Ce matin, j’ai eu un enterrement. Il n’y avait pas beaucoup de monde. Seulement deux ou trois personnes. Les parents sans doute . J’avais le soleil dans les yeux, je les distinguais à peine. De plus, je ne savais pas vraiment ce qu’il fallait dire. J’ai alors sorti un petit calepin de ma poche de soutane puis j’ai effectué un court monologue. J’écris toujours quelques notes concernant le défunt afin d’avoir quelque chose à dire. Je parle de sa vie passée. C’ était un jeune homme de 21 ans. Mort dans un accident de voiture. Quelque chose de banal en somme. Avant le drame, il étudiait dans une école d’ingénieur. Il était brillant. Il avait une jeune fiancée et tous deux devaient se marier au mois de Juin. Une des personnes qui était présente s’est alors mise à pleurer. Parfois, je me dis que c’est inutile de pleurer pour un mort parce que ce ne sont pas les larmes qui les font revenir : les morts restent toujours des morts.

Vers la fin, j’ai donné les derniers sacrements puis on a déposé le cercueil au fond de la fosse. Lorsque tout le monde est parti, je me suis mis sous un arbre. Le soleil, en plein mois de juillet est toujours intense et la moindre parcelle d’ombre est la bienvenue. Le cimetière était vide. Seules demeuraient des croix, parfaitement alignées en rang, les unes derrières les autres. Il faisait si chaud et j’étais si fatigué que je me suis assis là, tout contre cet arbre.

Quelques intants plus tard, j’ai cru voir une ombre s’avancer vers le cercueil. En réalité, je ne savais pas vraiment s’ il s’agissait du vieux gardien ou pas. Mais maintenant, en prenant un peu de recul, je crois bien que c’était lui. L’homme était de taille moyenne. Ce dont je suis néanmoins certain, c’est que placé là où j’étais, il ne me voyait pas. En s’aidant des cordes, je l’ai vu descendre dans la fosse puis après deux longues minutes, je l’ai vu réapparaître comme si de rien n’était . Il a tourné plusieurs fois la tête et ensuite, il a regardé l’ objet qu’il tenait dans ces mains. Malgré mes efforts, je ne pouvais rien distinguer de précis. L’homme a mis l’objet dans l’une de ses poches de pantalon puis il est parti.

Il devait être 19h lorsque je me suis reveillé. Il faisait moins chaud. L’air était plus respirable, une brise légère caraissait mon visage. J’ai marché jusqu’à la tombe pour voir si tout était bien en ordre avant que les ouvriers ne mettent définitivement le cerceuil sous terre. Je crois que je n’ai rien remarqué de spécial. Après tout, j’avais peut-être rêvé.


En partant du cimetière municipal, on atteint le presbytère en seulement quelques minutes. Il suffit de traverser le village et sa place principale où on trouve l’unique épicerie. Elle appartient à un de mes paroissiens, Lucien Ménard. En le croisant, celui-ci m’a invité à prendre un verre mais je n’avais pas très envie d’y aller. C’est un petit homme au visage rond qui parle beaucoup. Il m’a dit que son père était mourant. Il a encore insisté pour que je partage le repas . Je n’avais guère le choix ne trouvant aucun prétexte valable pour repousser l’invitation.

Il m’expliqua que son père ancien militaire s’était écarté de la religion, il y a 20 ans, à la mort de sa première épouse ( laquelle fut terrassée par une longue maladie) . Devant les souffrances de cette femme, il s’était promis, par rébellion envers Dieu, « de ne plus jamais remettre les pieds dans une Eglise ». Je lui ai répondu que « c’était une situation assez classique mais pas forcément irréversible ». « Vous voyez Père Jonas, voilà où je voulais en venir dit-il d’une voix forte tout en me serrant le bras , c’est pas pour vous embêter mais mon papa, je veux pas qu’il s’en aille sans avoir fait la paix avec le Bon Dieu ! ». Pour ne pas aller plus loin, je lui ai alors promis que je passerai le voir dès lendemain.

Malgré mon refus, il ouvrit une bouteille de vin supplémentaire. Il était environ 21 h et j’étais assommé. Je ne souhaitais qu’une chose : rentrer au plus vite. A travers sa fenêtre qui donnait sur le presbytère, je m’imaginais traversant la porte d’entrée puis courir jusqu’à mon lit .

Ménard s’est ensuite lancé dans un long monologue. Je ne l’écoutais presque plus ne saisissant que quelques mots. Il buvait de plus en plus. Son visage rond et rouge empestait le vin. C’était pénible. A bout de forces, j’ai fait beaucoup d’efforts pour trouver une excuse. Peut-être lui parler d’un rhume ? Et puis, au fond, pourquoi ne pas lui dire vérité ? Je scrutais ma montre : 21h32. Je ne trouvais rien. Puis comme par miracle, à 21h43, nous entendîmes un bruit sourd provenant de la cuisine. C’était le chat qui avait renversé une assiette. Nous nous sommes levés et sans attendre, j’ai profité de l’occasion pour me faufiler discrètement vers la sortie. « Vous partez déjà ? » me dit-il tout essoufflé et en tenant l’animal dans ses bras « C’est que…Je dois rentrer » lui dis-je comme un enfant surpris devant sa bêtise. « Et bien, vous m’en voyez désolé ! » Puis suppliant, il rajouta « Par pitié n’oubliez pas mon père ! ».


Malgré la fatigue, je ne suis pas parvenu à trouver le sommeil. Quelque chose au fond de moi me rendait nerveux. J’ai alors pensé que cela pouvait venir d’un malaise mais c’était difficile à définir. J’ai aussi beaucoup transpiré. Sans doute, une poussée de fièvre.

Le lendemain, le soleil pointa ses rayon à travers les volets fermés de ma chambre. La journée allait s’annoncer aussi chaude et fatigante que la précédente. D’autant plus que la veille, je n’avais presque pas dormi.

Après avoir enfilé ma robe de chambre, je suis descendu dans la cuisine. J’ai pris mon café et comme je le fait habituellement, j’ai ouvert le courrier. « Abbé R. , presbystère de P. Rue B. ». Une lettre de l’Evêque qui souhaitait me rencontrer. Pas d’autres explications. Cela fait néanmoins partie du protocole. Chaque année, l’ Evêque de J. fait le tour de son diocèse. A cette occasion, il s’informe de la situation des paroisses et bien entendu, des prêtres qui en ont la charge. D’après la tournure de cette lettre, il m’a semblé qu’il serait de passage dans le Doyenné. Je n’ai pas trouvé d’autres précisions.


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quicksand
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Inscrit le: 03 Juin 2010
Messages: 2

MessagePosté le: Ven Juin 04, 2010 7:48 am    Sujet du message: Bien... Répondre en citant

Je suis un très "gros" lecteur, mais je n'y connais pas grand chose en techniques d'écriture.
Donc, tout ce que je peux te dire après avoir lu ton texte, c'est qu'on a envie de lire la suite... c'est bon signe Wink
Les plus "spécialistes" sue moi te diront peut-être que tu utilises beaucoup de phrases courtes au début, mais bon je ne sais pas si c'est objectivement critiquable, c'est plus un style d'écriture. Bonne continuation à toi.
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Grégory
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Inscrit le: 03 Juin 2010
Messages: 5

MessagePosté le: Ven Juin 04, 2010 9:18 am    Sujet du message: Répondre en citant

quicksand : un grand merci pour t'être donné la peine de me lire Very Happy

Oui, le style des phrases courtes est volontairement choisi car elle dépeignent la psychologie taciturne et renfermée du personnage, un personnage qui parle peu et qui est comme "extérieur" ou "étranger" au monde oppressant qui l'entoure. Ce n'est pas évident pour moi parce que généralement, je fais des phrases longues par habitude.

La suite est encore plus oppressante. Je souhaite justement que lecteur ressente cette pression constante, il faut qu'il soit plongé dans cette histoire tout en s'identifiant au personnage.
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grognon99
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Inscrit le: 09 Juin 2010
Messages: 2

MessagePosté le: Mer Juin 09, 2010 8:07 pm    Sujet du message: Répondre en citant

Hello Grégory,

Merci pour tes écrits, c'est toujours intéressant de voir ce que font les autres !

De façon générale, j'aime assez ton style de phrases courtes qui mettent la pression. Comme dit Quicksand, on attend vraiment la suite car on se dit qu'il va forcément se passer qqchose ! Attention cependant de ne pas fatiguer le lecteur en le tenant en haleine trop longtemps...

A part ça j'ai trouvé deux fautes d'orthographe ; je pense aussi que la phrase sur les larmes qui ne font pas revenir les morts est mal venue. En effet, le personnage a l'air légèrement cynique ou désabusé mais sincère dans son sacerdoce. La remarque correspondrait plutôt à un prêtre qui n'y croit plus. Enfin, le vocabulaire est globalement pauvre (J'ai EU un enterrement, je me suis MIS sous un arbre) et j'ai cru noter une faute de cohérence lorsque le prêtre dit qu'il s'assied contre l'arbre alors que trois phrases auparavant il expliquait qu'il s'était mis sous l'arbre.

Quoiqu'il en soit bon courage et donne-nous à lire la suite !!
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Grégory
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Inscrit le: 03 Juin 2010
Messages: 5

MessagePosté le: Lun Juin 14, 2010 3:02 pm    Sujet du message: Répondre en citant

Bonjour Grognon Very Happy

Merci infiniment pour tes remarques et merci d'avoir pris le temps de me lire.

Pour les fautes, sûrement puisque je n'ai pas fait les corrections ( ou disons plutôt que j'ai corrigé "à la va-vite" ). Tu as tout à fait raison de le souligner.

Pour les répétitions : " je me suis mis sous un arbre" et " je me suis assis là, tout contre cet arbre. ", je ne dirais pas que c'était volontaire , c'est juste une façon de recentrer le personnage principal sur son action après avoir entrecoupé en décrivant très brièvement le cimetière. Mais, je vais sérieusement réfléchir à ce que tu dis et peut-être trouver autre chose.

S'agissant du vocabulaire pauvre, les phrases courtes, c'est cette fois-ci totalement volontaire. Je suis d'ailleurs heureux de constater qu'à travers cette façon d'écrire, tu aies "senti" la psychologie du prêtre "légèrement cynique" et "désabusé" tout comme une certaine " vérité intérieure" qui transparaît aussi à travers lui car c'est ce que je cherchais. En dehors de cela, j'aurais été incapable de te le faire "sentir" autrement qu'avec un vocabulaire riche , justement Very Happy . Mon avis, c'est qu'un style d'écriture pauvre ou extrêmement sobre est parfois beaucoup plus démonstratif qu'un vocabulaire trop pompeux. Mais ceci est valable pour mon personnage, pas forcément pour un autre, le style sobre de l'écriture faisant totalement "corps" avec l'histoire et la psychologie du "héros".

La suite de l'histoire est une succession de petits drames bénins ou parfois surréalistes qui tombent dans la vie de ce jeune prêtre taciturne, fragile et renfermé ....Jusqu'à l'explosion finale qui le mènera à la folie destructrice.


Ce livre, j'ai commencé à le construire dans ma tête depuis mes 15 ans. j'en aujourd'hui 37... Very Happy

Ok pour la suite, j'en suis à ma vingtième page.

Est-ce que tu écris aussi ? Wink
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